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La dépendance aux médicaments
Message posté... : mer. 13 mars 2019 12:27
par Enat
Désolée pour le sujet qui dérange, qui déplaît que personne n’aborde mais qui fait des ravages dans l’ombre.
La dépendance aux médicaments met en place les mêmes process que celle à l’alcool ou aux drogués dures.
J’ai eu un problème avec les benzodiazepines il y a plus de 15 ans. J’ai tout bien respecté les prescriptions... sauf que les médecins ne se sont jamais inquiétés de ce que les autres prescrivaient.
J’ai donc fais pendant plus de 6 mois :
- psycostimulant et benzodiazepine et un peu d’alcool le week-end comme pas mal d’étudiants
Les benzodiazepines Le soir pour enlever les contractures musculaires pour dormir et psycotrope matin et midi pour compenser un syndrome de Ménière. Le tout en respectant les doses prescrites en me fournissant à la pharmacie sur ordonnance. Je n’ai pas fait d’erreurs les médecins ont juste raté un truc, n’ont pas prévenu que les molécules pouvaient être addictive et à 18 ans je n’en lisais pas les notices. Quand le manque physique est apparu la dépendance psychologique était déjà installée.
Je suis donc une ex toxicomane sevrée deux fois en deux ans à 18 et 20 ans. Et ça a des conséquences inattendues. Je ne peux pas prendre de neuroleptiques pour les douleurs neuro, et j’ai un risque accru de sombrer dans la dépendance aux opiacés et en prime plus vite et plus violament qu’un sujet lambda. C’est con mais avec des lombalgies chroniques une greffe pas prise et des neuropathies ça limite vachement la prise en charge...
Le message est donc le suivant :
- Lisez les notices
- soyez acteur et investi dans le traitement
- au moindre changement d’humeur appelez le médecin prescripteur
- le cerveau est toxicomane à vie ça vaut le coup d'être vigileant et de ne pas mettre le pied dedans.
Et surtout les médecins sont pas tous au point et à l’aise avec le sujet. Je me suis quand même retrouvée avec une pompe à morphine alors que j’avais clairement exprimé mon refus et les raisons du refus.
Voilà si j’en parle aujourd’hui c’est parce que les douleurs sont telles la nuit que je manque de sommeil et que ça a des conséquences sur mes capacités à encaisser la journée et sur mon moral (fatigue nerveuse, saute d’humeur etc). Et que la question se pose de prendre des antidouleurs la nuit : izalgi (en surdosage en prime vu que c’est efficace que par deux pour moi). Et que nous sommes fatalement inquiets des conséquences avec mon conjoint et la psy.
Prenez soin de vous et soyez conscient
Édit : attention au sevrage sans surveillance médicale. En ce qui concerne les benzodiazepines un arrêt brutale peut provoquer des crises d’épilepsie et tuer. Demander au médecin ne faites pas comme moi…
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mer. 13 mars 2019 13:24
par loulou06
Tu as raison d'en parler, merci
Mais comment se passe un sevrage ? Les cliniques de la douleurs sont fiables ( on peut leur faire confiance ) ? Comment gérer douleur et médocs, dépendances et obligations du quotidien ?
Je suis une anti cachet et je réagis franchement mal aux dosages trop fort ou aux neuroleptiques, mais je trouve le sujet important. On doit être acteur de notre guérison et ne pas avoir une confiance absolue

Mon médecin parle souvent de profils dépendants qui doivent être plus vigilants.
Pour moi, j'estime que si pour vivre je dois me droguer ce n'est pas normal. Je préfère en faire moins sans cachets que d'avoir une journée très active sous cachets.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mer. 13 mars 2019 13:42
par Enat
J’avais 18 ans... j’ai tout de suite compris que c’était des symptômes de manque, et j’ai lu la notice.
J’ai ramener tout les médocs à la pharmacie et détruit les ordonnances d’aavnce. J’étais interne en prépa (et à l’époque bourrée de médoc en tout genre).
Donc j’ai fais ça en mode barbare en étant interne. J’ai souffert tremblée de partout et eu des suées pendant 2/3 semaines. J’étais toujours sous psychostimulants (des boosters) qui ont permis de mieux résister. Ma coloc m’a prise en charge pour le quotidien je souffrais le martyre elle a veillé que je subvienne à mes besoin de bases. J’étais une épave comme à la télé en fait.
La seconde fois « j’ai un nouveau médoc à te faire tester » une autre benzodiazepine j’avais pas conscience que c’était une addiction à tout une classe de médoc.
Pareil sevrage en mode barbare au bout de 3 semaines au premier symptôme de manque physique. Et à partir de là j’ai lu toute les notices j’étais toujours sous psychostimulant pour ce second sevrage ça a je pense aide toujours en prépa toujours en internat.
J’ai aucun recul sur les prises en charge en clinique. Je pense que ça s’etudie En fonction de la prise de conscience et du degré de dépendance du patient.
Je n’étais pas en surdosage. J’étais dans les conditions d’usage thérapeutique par contre c’était 3 mois grand max phase d’arrêt comprise.
J’ai eu peur et j’ai tout arrêté brutalement C’est possible de se sevrer en douceur même tout seul mais je l’ai découvert tout récemment encore que j’avais une dépendance psy et physique la première fois.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mer. 13 mars 2019 15:21
par Gininie
Tu as raison d'en parler, il y a 4 ans pour des problèmes de sommeil, d'anxiété, un mauvais passage de la vie, mon cerveau ne se mettait plus en veille la nuit, on m'a prescrit un médicament pour dormir, je n'ai pas sû l'arrêter quand ça allait mieux car c'était trop tard j'étais accro, je ne peux plus m'en passer et ça fait 4 ans. En plus est venu s'ajouter l'anti- épileptique + le tramadol, quand il va falloir arrêter tout ça, je n'ose même pas imaginer le désordre, en attendant je ne peux pas m'en passer la douleur est trop forte, donc oui je suis dépendante aux medicaments et va bien falloir que ça s'arrête.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mer. 13 mars 2019 15:33
par Enat
Ça s’arretera quand tu seras prête et avec un solide accompagnement.
Tu avais été prévenu des effets secondaires?
Tu en as parlé avec le médecin de la douleur, ils sont à priori régulièrement confrontés aux dépendances médicamenteuses. Si j’ai tout compris tout ce que je lis depuis quelques semaines
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mer. 13 mars 2019 18:00
par Gininie
Oui je l'ai vu deux fois et les deux fois je lui en ai parlé, il a vu que ça me tenait à coeur et m'a dit que dans un premier temps on allait chercher la cause de mes névralgies et parasthésis et qu'ensuite on s'occupera du traitement, le but étant justement de ne plus prendre de médicaments mais pour ça il nous faut trouver l'origine du problème. Je lui ai dis que je n'en pouvais plus de cet état de fatigue permanent dû aux médicaments, je suis totalement assommé. J'espère qu'il pourra m'aider à arrêter tout ça.
Quant aux effets secondaires, oui j'ai été prévenu par le médecin et par ma pharmacienne, je m'arrête souvent à la pharmacie pour les renouvellements donc on commence à se connaître, on discute bien et elle m'a dit que quand il faudra arrêter ce sera en douceur, un sevrage quoi.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mer. 13 mars 2019 18:04
par Enat
Ils ont clairement raison et c’est cool que tu ais été entendue.
J’ai jamais été prévenue et personne ne s’est jamais inquiété (ni le corps médical prescripteur ni le pharmacien ni mes parents que mon état déplorable sous benzodiazepine faisait rire, je gloussais comme une pintade sans plus aucune coordination et ce dès le début des prises).
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : jeu. 21 mars 2019 18:35
par Maedia2
Effectivement, la dépendance est dure à gérer. J'ai été orientée vers le tramadol il y a bientôt 3 ans. Du 150 direct en libération prolongée.
Je venais de vendre ma boulangerie car je ne tenais plus les 80h semaine...
Changement de département, changement de docteur.
Je m'en rappellerais toujours car j'étais en essai. Premier jour la cata. Après plusieurs mois de repos reprendre a été très compliqué. Donc je vais voir le doc : tramadol 150. J'en prend le matin de mon deuxième jour. Je commence à 5h30. 7h ouverture de la grande surface. Je cherche le chef de rayon en panique : vite où sont les wc je vais vomir.
Au bout du 5e jour j'abandonne j'ai trop mal en grande surface faut emballer les baguettes les machines sont lourdes etc etc
Je postule en artisanat. On me met sous ixprim 2 matin 2 soir ca passe mieux. Je tiens deux ans.
Quand je depasse l'heure de prise ne serait ce qu'une demie heure quelle horreur ! Je me sens comme une folle. Je ne tiens pas en place. J'ai chaud j'ai froid je baille et surtout même si je prend les cachets c'est trop tard je suis dans cet état pendant 3 4 heures. Alors si c'est le soir je ne dors pas...
Et nous voilà en mai 18. Sciatiques à répétition. Laminectomie en octobre 18. Le premier mois nickel plus aucune douleur de descend l'ixprim à 1 matin 1 soir.
Puis comme vous le savez j+45 douleurs. Plus fort qu'avant l'opération je passe à tramadol 100 lp un matin un soir en fevrier.
Et aujourd'hui, je passe à 150lp matin et soir.
Lyrica aucun effet à part sensation ébriété et somnolence. J'ai arrêté du jour au lendemain sans problème.
Neurontin pareil j'en suis à 400 matin soir et je vais l'arrêter. Même effet que lyrica. Mais les douleurs sont toujours là.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : jeu. 21 mars 2019 20:12
par Gininie
Ça ne fait pas très longtemps que je prends du tramadol 50, 1 à 2/j, c'est vraiment efficace sur la douleur mais ça ne dure pas longtemps. L'effet fatigue et pile électrique je connais ça aussi, c'est en dent de scie, c'est usant. Par contre je ne prends pas de mes médicaments à heure fixe, le médecin ne m'en a pas parler, je suis une marmotte donc je ne me lève jamais à la même heure.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : jeu. 21 mars 2019 20:27
par Enat
Alors si normalement ce genre de truc est à prendre à heure régulière pour éviter que la charge sanguine baisse trop et réveille les douleurs entre les prises.
Moi j’ai pas droit à tout ça (cela dit pour avoir pris le temps de lire les notices je me dis que c’est un mal pour un bien) ... même les opiacés deviennent problématique en prise régulière à moyen terme avec mes antécédents.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : ven. 22 mars 2019 17:46
par Maedia2
La remplaçante de mon généraliste m'a fait augmenter l'ixprim à 6 par jour pendant un moment. Ça m'a value d'être hospitalisée 8 jours en neuro pour cause de violents maux de tête en continue. Ils ne savaient pas si je faisais une hémorragie meningée ou autre. Je fais le lien maintenant car avec le tramadol 150 ça recommence

ça tambourine fait suer.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : ven. 22 mars 2019 19:28
par Enat
Faut éplucher les notices, les médecins pensent pas à tout...
malheureusement ça va se reproduire avec toutes les molécules qui vont ressembler à l’ixprim. Avec le risque que ce soit de pire en pire à chaque mise en contact le cerveau a une mémoire étonnante à ce niveau là.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : ven. 22 mars 2019 21:29
par Maedia2
Bon bah c'est clair, je ne le supporte pas. Ça tambourine et je viens de vomir... Pfff
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : ven. 22 mars 2019 21:57
par Enat
Bon courage, ça vaut peut être le coup d’en parler au pharmacien et au chir que tu ais une liste de molécules à éviter au même titre qu’un allergique.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : sam. 23 mars 2019 00:37
par Gininie
Effectivement il y a un truc qui va pas, ils vont devoir trouver pourquoi et te donner un autre traitement en espérant qu'il y ai une équivalence pour pouvoir te soulager sans être malade. Je te souhaite bon courage.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : sam. 23 mars 2019 13:26
par Maedia2
Coucou non le 100 lp passe je retourne dessus. Merci à vous.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mer. 20 nov. 2019 19:02
par benjiski
Je continue doucement mon sevrage en RIVOTRIL selon protocole : 1 goutte de moins par semaine....
J’ai arrêté également doucement le tramadol sur un mois (j’en prenais depuis 12 mois).
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mer. 20 nov. 2019 22:52
par Maedia2
Comment as tu fait ? Je suis à 1/2 à 7h 1/2 à 14h et 1 entier à 21h pour la nuit en ixprim.
Je ne vois pas comment baisser plus et rien que de décaler d'une demie heure ma prise et je me sens mal:
Je baille, des larmes coulent toutes seules, je me crispe, je ne tiens pas en place, j'ai froid, j'ai chaud, j'ai envie de taper dans un punching ball...
On m'a dit tout et son contraire. Prendre un autre médicament moins fort

style codéine. Puis on m'a dit que j'allais être dépendante à la codéine. Ensuite on m'a dit de supprimer la prise de 14h. ahahah bonne blague...
Ps: je viens de relire le sujet, les maux de tete venaient en fait de migraines catameniales (regles) et sûrement de variations et changements de medocs... La fois où je suis passée à 6 ixprim c'était la fuite de liquide cephalo rachidien. Rien à voir.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : jeu. 21 nov. 2019 11:05
par Enat
Maedia demande de l’aide au centre antidouleurs ou sur une consultation spécialisée.
Tout le monde n’y arrive pas tout seul pour pleins de raisons différentes, on est pas tous égaux ni physiologiquement, ni psychologiquement face à la dépendance.
Courage.
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : jeu. 21 nov. 2019 11:49
par Maedia2
Il est à 30 minutes de chez moi. J'ai annulé tous mes rdv de SMT et avec l'algologue après l'opération.
Je viens de rappeler, on me dit de voir avec ma généraliste vu que c'est elle qui me l'a prescrit. J'ai repondu qu'elle était nulle et ne savait pas comment faire car elle veut que je supprime une prise directement


Du coup elle va demander au professeur et me rappelle demain...
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : jeu. 21 nov. 2019 12:01
par Enat
beaucoup de médecins ne sont pas assez formés et informés sur le sujet, ajoute à ça un manque de compréhension personnel pour certains face à l’addiction et on se retrouve avec des trucs délirants genre une pompe à morphine malgré un refus catégorique, ou des toxicos en soins palliatifs à qui ont refuse le traitement palliatif parce qu’ils sont toxicos et qu’on laisse donc mourrir dans la souffrance.(j’ai trouvé des rapports délirants à ce sujet là).
tu as encore des toubibs qui te disent qu’avec de la volonté on s’en sort et que si tu y arrives pas c’est que tu es faible... (perdre du poids, les troubles du comportement alimentaire, les addictions, les toc etc...)
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : jeu. 21 nov. 2019 13:39
par Maedia2
Oh oui quand j'ai fait ma suspicion d'hémorragie méningée il y a eu une jeune conn*sse qui après que j'ai mentionné le fait que ma généraliste venait de me passer à 6 ixprim par jour et que ma douleur venait peut-être de là qui m'a clairement dit : bah arrêtez le traitement... Je l'ai regardé en lui disant là comme ça ? Impossible.
Bah a priori elle n'en voyait pas le soucis...
Ahhhh pauvres idiots de patients que nous sommes !
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mar. 26 nov. 2019 22:55
par benjiski
Enat a raison le tramadol est un super médicament pour la douleur (et encore certains médecins disent que ce n’est aussi puissant que cela) par contre c’est une belle saloperie si on n le prend sur le long terme car il joue sur le psychisme, donne confiance en soi, te donne l’illusion d’être bien socialement, te donne de la contenance. Ton cerveau en est devenu complètement dépendant.
Il faut te faire aider pour l’arrêter...
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : mar. 26 nov. 2019 22:58
par Maedia2
Ouais bah le centre anti douleur censé me rappeler le lendemain tintin pff
Re: La dépendance aux médicaments
Message posté... : lun. 2 déc. 2019 19:39
par Maedia2
J'ai posé ma question à un médecin sur twitter qui parlait d'arthrodese et de tramadol avec d'autres médecins. Il m'a dit qu'il existait du tramadol en goutte. Plus facile de réduire donc goutte par goutte. Hourra enfin une issue !